Si j'étais tyran: la peine de mort.

Publié le par Rémora

Voilà, je suis tyran, donc. Je pensais commencer par des réformes populaires (comme la couverture médicale universelle, le plein emploi, etc.). Mais pour qu’on parle de moi, j’ai décidé de partir dans quelque chose de choquant et médiatique.

 

Donc voilà, je rétablis la peine de mort pour les délits très graves (assassinat au premier degré, massacre, meurtre d’enfant, etc. le délit devant impliquer une mort volontaire).

 

Seulement voilà : l’Etat ne peut pas tuer, et les prisons, qui seront aussi bientôt réformées, peuvent accueillir autant de gens qu’il le faudra (surtout des opposants politiques, cela dit). Bon, comme l’Etat ne peut pas tuer, la peine de mort ne s’appliquera pas quand ce sera la société civile qui est plaignante. Mais, dans le cas où ce sont des individus qui demandent justice, le juge peut déclarer que la sentence appliquée (en général un emprisonnement à vie incompressible) peut être convertie, par les représentants de la ou des victimes en peine de mort. Effectivement, la peine de mort ne sert à rien, sinon à assouvir la vengeance des proches des victimes.

 

Dans ce cas, l’Etat fournit une installation, un contrôle judiciaire et une plage horaire, mais pas de bourreau. En effet, toute personne qui officiera comme bourreau sera immédiatement coupable de meurtre au premier degré et pourra alors être condamnée à mort à son tour. Pour éviter ainsi une chaîne sans fin, la famille de la victime devra choisir elle-même le bourreau et le type de mise à mort.

 

Le bourreau doit correspondre aux critères suivants :

Etre un citoyen en règle, au casier judiciaire vierge et sans rature (perpétuellement vierge).

Etre consentant, par écrit devant huissier ainsi que par oral et confirmant ce consentement avant l’exécution, devant huissier et au moins deux témoins de moralité désignés l’un par le bourreau, l’autre par l’Etat.

 

L’exécution doit correspondre aux critères suivants :

Elle doit être accomplie entre 18h et 21h, du lundi au jeudi, et doit obligatoirement être retransmise en direct sur toutes les chaînes de télévision nationales.

Elle doit entraîner obligatoirement la mort du condamné et celui de son bourreau, déchargeant ainsi l’Etat de tout crime, deux condamnés subissant en même temps la justice. (une double chaise électrique, un empoisonnement, une chambre à gaz à deux places…)

Avant l’exécution, ceux qui réclament la peine de mort devront prêter serment, dans lequel ils se présentent officiellement (nom et lieu) et déclarent accepter toute la responsabilité morale et devant leur religion s’ils en ont une pour avoir entraîner la mort d’au moins deux personnes.

A noter que ce n’est pas un secret, le bourreau est donc averti de son sort dès le début de la procédure, avant qu’il accepte officiellement.

 

Un beau système. Comme ça on arrêtera les débats stupides sur la peine de mort : ceux qui y sont favorables l’auront et ceux qui sont contre seront satisfaits de voir qu’en définitive, il est probable que personne n’ose jamais l’appliquer.

 

Voilà ce que je ferais, si j’étais tyran.

 

(Et personne n’a besoin de savoir que j’engage des tueurs à gages pour faire taire mes opposants, après tout).

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Publié dans Si j'étais tyran...

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D
<br /> Bien vu !<br /> <br /> Ca me fait beaucoup penser au pamphlet du marquis de Sade qui s'intitule "Français, encore un effort si vous voulez être républicains" (inclus dans sa pièce "La Philosophie dans le Boudoir"), il y<br /> a tout un chapitre sur la peine de mort - il y est favorable, mais on ne sait jamais si c'est de l'ironie ou du premier degré - et il y relate cette anecdote amusante :<br /> <br /> Un assassin, condamné à mort, était venu implorer une grâce aux pieds de Louis XV. Celui-ci, au grand étonnement du meurtrier, la lui avait accordée immédiatement. Mais le roi ajouta tout de suite<br /> après : "Je vous accorde ma grâce, comme je l'accorde à celui qui vous tuera dès que vous recouvrerez la liberté"...<br /> <br /> <br />
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