Un glauque sur… Les superstitions
Je me suis retrouvé cet après-midi face à une échelle en plein milieu du trottoir. Pour passer sans avoir à affronter les voitures, je devais passer dessous. Cela ne me trouble pas quand l’occasion se présente, mais en passant dessous, je me suis affreusement senti rattrapé par le poids des vieilles superstitions qui semblent avoir la vie dure. J’entendais dans mon oreille des voix surgies de je ne sais où qui me disaient « ne passe pas sous un échelle ! Danger ! Malheur ! Ne fais pas ça ! ».
Je me trouve au Japon, où ce genre de superstitions concernant les échelles n’existe pas. Je voyais les gens passer dessous sans le moindre scrupule alors que je me sentais envahi par la nécessité de ne pas le faire et de changer de chemin.
Ce qu’il y a de terrible avec les croyances et les superstitions, c’est que les choses les plus rationnelles, les plus sensées et les plus réfléchies nous viennent avec le temps. Pour ma part, je réfléchis depuis longtemps à une vision sans cesse plus rationnelle et plus raisonnée du monde, je m’efforce de voir autant que possible les choses telles qu’elles sont plutôt que telles que je crois qu’elles sont, mais j’ai remarqué cet après-midi une chose qui m’a plongé dans l’embarras : plus une chose est irrationnelle, sans fondement et absolument inutile, plus elle a la vie dure.
C’est marrant, comme on peut en arriver à se consacrer à « la raison » pour constater que les superstitions continuent de gouverner l’esprit humain…
…Pourtant, je suis quand même passé sous l’échelle et, aussi incroyable que cela paraisse, il ne s’est rien passé. Absolument rien.