Depuis quelques anées déja, il est souvan
question de réformer l’ortografe. J’ai u l’ocasion de voir les projés les plus démants, qui, sans ne tenir ocun conte de l’étimologie ou de la structure linguistique, proposent de remplacer
sistématiquemant les « c » ou les « qu » par des « k » et les « oi » par des « wa », transformant insi la langue en un espèce de sabir germanique
sans queue ni tète. On écrirait donc « krwar » pour « croire » ou encore « kaktus », « krokus », etc., fesant de l’ortografe de notre béle langue fransèse
une nouvèle forme de suisse-alemand.
(Vous pouvez trouver certènes de ces réformes alucinantes, et se prenant par ayeur très au sérieus ici : http://www.ortograf.net/ - qui n’est pas la pire – et ici : http://sites.google.com/site/ortofasil/ qui a a mon sens le premier pri de la bétise. Il y en a d’otres, on y trouve de tout).
Pourtant, il fot se randre à l’évidance, la nécessité d’une réforme de l’ortografe fransèse se fèt de plus en plus santir : le fransè écrit comance a resambler de plus en plus a une langue morte – dans le sens ou il se crée une diglossie entre l’oral et l’écrit, la langue orale ne resanblant plus guère a la langue écrite. Par exanple, on écrit « Ne viens-tu pas avec nous pour voir le match », alor qu’on a pluto tandance à dire (encor que cela puisse varier selon les régions) « Tu viens avec, voir le match ? ». La diglossie existe parce que la première frase est considérée come gramaticalemant corecte alor que la segonde est considérée come fausse, quan bien meme elle est la seule utilisée a l’oral malgré tout...
Comant réformer l’ortografe intelijamant, alor ?
C’est une question difisile. Et ausi bete que sa puisse parètre, j’ai essaié d’an doner une piste, de fason un peu provocante et umoristique dans ces modestes lignes, prouvant que le langaje académique ne serait guère entravé par une tèle réforme ortografique, le tout écrit d’une fason qui, si èle était comunémant acseptée, ne me choquerait pas particulièremant.
Comme on dirait dans notre langue du seizième siècle :
Il faut rendre la langue plus conforme à l’oral, tout en tenant compte des éléments linguistiques qui composent le français ; les réformes proposées à ce niveau-là prouvent sans conteste l’ignorance (volontaire ?) de leurs instigateurs en matière de linguistique. Malheureusement, pour lancer ce genre de projet, un doctorat en linguistique française me semble une condition absolument minimale. Plusieurs multi-doctorants et professeurs me semblent un bon début de base de travail.
Dans cette même ligne, il faut également que le français n’entre pas en rupture avec son propre passé : on doit pouvoir y transcrire sans rien leur enlever tous les textes en français modernes ; c’est pourquoi il faut conserver toutes les lettres muettes utiles à la liaison (puisqu’elles font partie intrinsèque du mot, mêmes lorsqu’elles ne sont pas prononcées), les « h » aspirés, les lettres muettes qui indiquent, au masculin, la terminaison du féminin, etc... Il faut également tenir compte qu’une langue ce n’est pas que de la prose : il est donc nécessaire, aussi souvent que possible, de conserver la presque intégralité des « e » muets (qui servent également a indiquer le féminin des adjectifs, etc.), fondamentaux aux règles de versification traditionnelles.
Aucune langue ne fonctionne sans aucune règle. Le fait que « c » se prononce « s » devant des « i » et des « e » et « k » devant les autres lettres ne devrait pas poser de problèmes même aux mauvais élèves sortis de primaire.
5) Vous aurez remarqué que dans ma maladroite tentative d’orthographe alternative (en gras ci-dessus), environ un quart des mots se retrouve modifié ; la plupart, par ailleurs, selon ce qui semble être des règles systématiques (disparition de la plupart des doubles consonnes, le son « an » toujours écrit « an » plutôt que « en » « an » « em » « am » « aon », etc.), ce qui ne représente donc pas une réforme beaucoup plus importante que la réforme des caractères chinois entreprises par la RPC en 1964, et a été acceptée au point que les manuels de chinois disponibles en Occident ne présentent plus que très rarement les caractères non-simplifiés (au grand regret des amateurs de caractères chinois tels que moi-même). Rassurez-vous toutefois, je n'ai pas établi de règles et n'ai pas la prltention de proposer un projet, je me suis juste amusé à écrire d'instinct quelques lignes dans une orthographe imaginaire pour voir ce que ça pourrait donner...
Bref, je pense qu’on finira par reparler de cette question : l’orthographe devient une catastrophe gigantesque dans le monde francophone. Et, comme de plus en plus de gens, je suis persuadé que cela n’a rien à voir avec l’école ou le métissage ethnique. Cela tient du fait que depuis le quinzième siècle, on s’accroche à une langue de cour baroque et pleine de lettres parasites qui, aujourd’hui, ne fait plus illusion aux jeunes qui parlent pourtant « le français » : la langue dans laquelle ils doivent écrire, et bien ce n’est clairement pas celle qu’ils parlent !
Et donc, vive le français, mais surtout, vive le fransè an tan que langue vivante !
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Il est souvent de bon ton, en particulier dans les milieux alternatifs, de critiquer « les Etats-Unis ». Ils sont dressés en symbole « du
mal » et, pour les représenter, on réduit les USA à « Coca-Cola », « Macdonald’s », le « capitalisme » et « la guerre d’Iraq ». C’est pourtant un
discours par lequel tous les Européens, même et surtout les plus alternatifs, devraient se sentir personnellement insultés.